ACTUALITÉS

Journée mondiale de lutte contre la pauvreté
“Ce qui est clair, c’est que le confinement, en lui-même, a appauvri”
Le samedi 17 octobre 2020

Un constat est unanime chez les acteurs de terrain : la crise sanitaire a aggravé les inégalités. Christine Mahy, du Réseau de lutte contre la pauvreté, confirme au journal L’avenir : « Ce qui est clair, c’est que le confinement, en lui-même, a appauvri. La vie a été plus chère. C’est plus d’eau, plus d’électricité, le prix de l’alimentation a augmenté. Les mesures qu’on prend n’ont pas le même impact selon la situation où l’on vit et, appelons un chat un chat, selon la classe sociale. C’est plus difficile pour celui qui n’avait déjà pas assez pour vivre. »

80 % des organisations d’aide ont vu leur public cible augmenter

En cette journée de lutte contre la pauvreté, DéFI soutient les actions qui pourront être prises par les différents gouvernements ! 

En effet, une enquête vient d’être menée pour savoir comment les 500 associations du secteur de l’aide aux personnes avaient vécu la crise sanitaire. Et les réponses ne laissent pas place au doute : 80 % de ces organisations ont vu leur public cible augmenter. La hausse a été flagrante pour les familles monoparentales (46% des organisations l’ont constaté) et les jeunes adultes (24%). « Je vais vous donner un chiffre : le 13 mars, nous touchions 5 465 personnes. Le 20 mai, soit deux mois plus tard, ce chiffre s’élevait à 7 567. Nous en sommes à près de 8 000 aujourd’hui », soulignait une de ces organisations dans les colonnes de l’Avenir. Environ deux tiers des organisations ont remarqué que des personnes déjà dans la pauvreté ont été confrontées à une « exacerbation » de leur situation. Parmi les problèmes qui ont empiré, la solitude arrive en tête : 76 % des organisations le constatent. Le sans-abrisme et le mal-logement visibles et cachés (29%) ont augmenté, tout comme le manque d’accès à la nourriture et à l’hygiène.

Selon statbel, en 2019, 14,8 % de la population en Belgique était considérée comme à risque de pauvreté monétaire. Il s’agit des personnes vivant dans un ménage dont le revenu total disponible est inférieur à 1.230 euros par mois pour une personne isolée. Cette même année, 4,4 % des Belges souffraient de privation matérielle sévère. Ces personnes sont considérées comme à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale selon l’indicateur européen de la pauvreté dans le cadre de la stratégie « Europe 2020 » c’est-à-dire 19,5 % de la population. Par ailleurs, 19,3 % de la population belge déclare avoir des difficultés à joindre les deux bouts à la fin du mois.

Deux déceptions : statut de cohabitant et prix de l’amour

Cependant, DéFI se montre critique sur deux points de la déclaration gouvernementale de la nouvelle Vivaldi. Sophie Rohonyi pointe deux déceptions : « La première concerne les cohabitants. J’ai lu et relu la déclaration gouvernementale, sans jamais y trouver une révision voire une suppression du statut de cohabitant. Or, dans certains cas, des chômeurs cohabitants reçoivent des allocations qui sont inférieures au Revenu d’intégration sociale ! Aujourd’hui, le statut de cohabitant fragilise les personnes qui sont financièrement dépendantes de leur “cohabitant”. Une situation dont les femmes sont encore souvent victimes, entraînées dans une spirale négative qui les conduit à la diminution voire à la perte de certains avantages liés par exemple aux bourses d’études, aux soins de santé ou encore aux allocations familiales.
La deuxième déception concerne les personnes handicapées. Le gouvernement entend réduire ce qu’on appelle “le prix de l’amour”, à savoir le calcul de l’allocation d’intégration sur la base des revenus du partenaire de la personne handicapée. Pour DéFI, il conviendrait non pas de réduire l’effet négatif de ce système mais de le supprimer purement et simplement. C’est pourtant fondamentale en ce qu’elle garantirait un revenu propre à chaque personne handicapée, un revenu qui serait calculé, non sur la base des revenus de ses parents ou de son conjoint, mais de son degré de handicap, de ses besoins spécifiques.
»

Augmentation des minima sociaux

Selon Christine Mahy, « Il y a également un problème du niveau des revenus puisqu’ils sont très souvent au seuil de pauvreté ou en-dessous. Comme par exemple, certaines pensions, le revenu d’intégration social, certaines allocations de chômage… Ensuite, il y a un problème de salaire pour les travailleurs moins qualifiés. Même en travaillant à temps plein, ils touchent souvent un salaire également au seuil de pauvreté. Et puis, il y a les temps partiels forcés. Parce que l’employeur ne peut pas se permettre d’engager à temps plein ou parce que le travailleur ne peut pas se permettre de travailler à temps plein à cause de problème de santé par exemple. Pour finir, le prix du logement qui est assez élevé contribue à faire un trou dans le budget de certains ménages. On considère que le logement ne devrait pas dépasser 30% du budget mensuel d’une famille. Pour beaucoup, on est à 50 voir jusqu’à 70%. Imaginez 500 € de loyer pour un salaire de 1.200 € ! Et comme il n’y a pas assez de logements sociaux, il est compliqué de trouver des loyers en dessous de ce montant dans le privé. »Dans ses programmes, DéFI défend l’augmentation des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté, pareil pour l’augmentation de la quotité exonérée d’impôt :« En vue de diminuer la pression fiscale et améliorer le pouvoir d’achat, DéFI propose d’augmenter progressivement la partie du revenu qui n’est pas soumise à l’impôt des personnes physiques (la quotité exemptée d’impôt) au niveau du seuil de pauvreté. »

Thématiques populaires
Culture Droits humains Droits linguistiques Education Emploi Enseignement Enseignement supérieur Environnement Fédération Wallonie-Bruxelles Gouvernance Mobilité Pouvoirs locaux Santé Social Élections 2019
AUTRES ACTUALITÉS
“Il faut que l’on repense la mécanique de la prise de décision”
Covid-19 “Il faut que l’on repense la mécanique de la prise de décision”
“Pour DéFI, le système idéal reste une taxation kilométrique intelligente concertée entre les 3 régions. À défaut, il privilégie un péage zonal”
Région bruxelloise “Pour DéFI, le système idéal reste une taxation kilométrique intelligente concertée entre les 3 régions. À défaut, il privilégie un péage zonal”
« Le contrôle démocratique en sort renforcé ! »
Conseil communal virtuel « Le contrôle démocratique en sort renforcé ! »
“Il est inconcevable que le choix libre d’aller vivre en maison de repos soit l’objet d’une discrimination en cas d’épidémie”
Parlement bruxellois “Il est inconcevable que le choix libre d’aller vivre en maison de repos soit l’objet d’une discrimination en cas d’épidémie”