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Burn-out
Bientôt reconnu comme maladie professionnelle ?
Le vendredi 15 mars 2019

C’est le souhait de Marc Loewenstein, député bruxellois DéFI, Jamal Ikazban (PS) et Pierre Kompany (cdH), les auteurs d’une proposition de résolution déposée ce vendredi 15 mars au Parlement francophone bruxellois.

 Pour rappel, le burnout est un état affectif négatif associant sur une large période, un épuisement émotionnel, une fatigue physique intense à une diminution significative des capacités cognitives. Le burnout peut donc être considéré comme la résultante d’une exposition chronique à un stress au travail comportant trois dimensions symptomatiques : l’épuisement mental, le cynisme amenant à une démotivation importante et un sentiment d’échec et d’incompétence dans le travail.

 Depuis la fin de l’année 2016, même si cela n’est pas sa seule source, le burnout est considéré comme une maladie liée au travail. « S’il s’agit là d’une avancée qui ouvre la porte à une meilleure prévention, car le burnout est désormais reconnu officiellement comme étant causé de façon directe et déterminante par l’exercice d’une profession, il n’est toujours pas considéré comme une maladie professionnelle pouvant permettre à une indemnisation » indique Marc Loewenstein, député bruxellois DéFI à l’initiative du texte.

 Selon l’INAMI, 80.000 Belges souffriraient chaque année de burnout. Cela constitue un coût important pour l’INAMI, estimé à 600 millions d’euros par an d’indemnisations, ce qui équivaut à 10% du budget de l’assurance invalidité.

 « Ces chiffres sont interpellant et nous poussent à apporter des solutions pour une meilleure prévention, une prise en charge spécifique et pluridisciplinaire et une meilleure indemnisation, 72% du salaire brut au lieu des 60% actuels, à tout le moins pour les cas de burnout les plus sévères », poursuit Marc Loewenstein.

 Si les auteurs demandent au Fédéral d’étudier la possibilité de reconnaître les cas de burnout les plus sévères comme une maladie professionnelle, ils souhaitent également concentrer les efforts sur la sensibilisation et la prévention.

 Pour Marc Loewenstein, « A l’ère des ordinateurs portables et des smartphones, les conditions de travail exigent davantage de flexibilité de la part des travailleurs et la porosité de la barrière entre vie privée et vie professionnelle est de plus en plus importante. Il faut que les employeurs et managers prennent conscience des risquent psycho-sociaux d’une telle situation. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons par ce texte renforcer la sensibilisation par le biais de formations au sein des entreprises, à leur attention, afin qu’ils comprennent et préviennent le burnout avant qu’il ne soit trop tard ».

 

Au niveau fédéral, notons que la ministre fédérale des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block, travaille avec diverses institutions concernées à une politique de prévention intégrée et coordonnée en matière d’affections mentales liées au travail, dont le burnout. Ainsi, 12 projets d’une une durée d’un an ont été sélectionnés et pourront compter sur une subvention de 10.000 à 300.000 euros. Pour les auteurs de la proposition, « il s’agit sans aucun doute d’un pas dans la bonne direction qu’il convient de poursuivre et d’amplifier ». Au niveau de la Cocof, ils proposent de lancer un projet pilote burnout au sein de l’administration en concertation avec le comité de concertation de base « bien-être » et de sensibiliser le secteur associatif lié à la santé mentale au sujet de l’importance d’une prise en charge spécifique et pluridisciplinaire du burnout.

 

« Si certains doutent encore d’un cas de burnout auquel ils peuvent être confrontés, soit par ignorance, soit par impression de simulation, cette maladie est bel et bien réelle et il est essentiel que les pouvoirs publics y accordent une attention particulière, tant en terme de prévention, de sensibilisation, que de reconnaissance des cas les plus sévères. Et au-delà des coûts économiques et sanitaires pour la société, il peut aussi engendrer une dégradation des relations sociales et familiales de la personne en souffrance et de son entourage, d’où la nécessité de développer une approche transversale pour y remédier » conclut l’élu DéFI.

Retrouvez la proposition de résolution ici

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