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Bruxelles
"Renforçons l’immersion : en anglais, elle pourrait accroître la perméabilité du cerveau des élèves au néerlandais"
Le lundi 22 février 2021

DéFI a introduit une proposition de décret visant à corriger une inégalité entre Wallons et Bruxellois : permettre aux écoles bruxelloises d’organiser un enseignement en immersion dans d’autres langues que le néerlandais, qui n’en perd pas pour autant son statut de deuxième langue. DéFI veut des enfants bilingues voire trilingues à court terme, sachant que l’apprentissage d’une deuxième langue facilite celui d’une troisième.

 « Tous bilingues en 2001 ! », avait lancé Laurette Onkelinx, alors ministre de l’Enseignement, en 1996. Un quart de siècle plus tard, on est loin du compte, peut-être même pas un pouce plus loin. « Comment est-il possible de passer 3 heures puis 5 heures par semaine pendant 9 ans à apprendre une langue pour un résultat aussi consternant ? », s’est demandé Joëlle Maison au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’adresse de la ministre de l’Education.

Renforcer les leviers existants

Déjà à la traîne, l’enseignement des langues en Communauté française souffre de nombre de maux, à commencer par la pénurie d’enseignants et le peu d’intérêt suscité par l’appel aux locuteurs natifs d’autres langues. Pour DéFI, il y a urgence à donner une réponse pragmatique et pédagogique plutôt que symbolique et irréaliste, et agir sur les ressources plutôt que sur les structures.

C’est pourquoi, plutôt que d’appeler à la création d’écoles bilingues à un horizon de 10 ans au mieux, DéFI veut que les leviers existants soient exploités en priorité : cela passe par les bains acoustiques en maternelle, les échanges linguistiques, les activités extrascolaires dans une autre langue, le programme Ouverture aux Langues et aux Culture (OLC) et, surtout, le renforcement de l’immersion. Pour DéFI, l’immersion est un système qui a fait ses preuves. La ministre de l’Education a dit avoir conscience qu’il faut le renforcer mais actuellement c’est encore et toujours la pénurie qui est pointée, et indirectement la formation des enseignants, puisqu’il ne faut pas uniquement des profs de langue mais des enseignants capables de donner les autres matières dans une autre langue.

Pas uniquement en néerlandais

A Bruxelles, une donnée supplémentaire complique les choses : en raison de la primauté obligatoire du néerlandais comme deuxième langue, ce qui n’est pas contestable, il n’est pas possible d’organiser un enseignement en immersion dans une autre langue que le néerlandais. Or, dans la ville la plus internationale du monde, il serait particulièrement judicieux de permettre aux élèves d’être non seulement bilingues mais trilingues mais aussi d’avoir accès à une offre d’enseignement en immersion plus vaste. La situation actuelle révèle en outre une inégalité de traitement entre élèves bruxellois et wallons puisqu’en Wallonie, l’immersion peut être organisée en néerlandais, en allemand et en anglais.

C’est la raison pour laquelle les députés DéFI Joëlle Maison et Christophe Magdalijns ont introduit une proposition de décret en ce sens au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui sera étudié en commission Education ce mardi 23 février. Ils demandent la modification du Code de l’enseignement fondamental et secondaire de la FWB afin de permettre aux établissements francophones de la Région bruxelloise qui le souhaitent d’organiser un enseignement en immersion dans une autre langue que le néerlandais mais sans toucher au volume horaire des cours de néerlandais deuxième langue.

Plutôt que d’improbables écoles bilingues

Pourquoi avancer avec ce projet maintenant ? “Parce qu’il est temps que ce débat s’ouvre », répond Joëlle Maison ce lundi 22 février dans La Libre. « Il faut que ça bouge. Des améliorations de l’enseignement des langues sont bien prévues dans le cadre de l’implémentation du Pacte d’excellence. Mais ça ne va pas vite. En son temps, on a beaucoup parlé aussi du fameux projet d’école bilingue, lancé par les recteurs de l’ULB et de la VUB. Seulement, rien n’a bougé en trois ans. Et même : il ne s’agirait que d’une seule école, probablement réservée à un public privilégié. Ici, nous parlons de dizaines d’écoles accessibles à tous les élèves.” 

 

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