ACTUALITÉS

Bis repetita antisémite : il est temps d’agir !
Carnaval d'Alost
Le dimanche 23 février 2020

Un Carnaval peut offenser, mais non appeler à la haine. A Alost, la ligne a été franchie cette fois encore de manière nette. DéFI invite le gouvernement en affaires courantes à avancer de toute urgence sur le terrain de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Répertoire de clichés antisémites

Pour la deuxième année consécutive, les organisateurs du carnaval d’Alost ont, au nom de la liberté d’expression, laissé leur événement présenter un certain nombre de chars aux relents proprement antisémites. La décision de l’Unesco de retirer l’évènement de sa liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité n’a pas calmé les sociétés de carnaval alostoises, que du contraire.

Ce dimanche 23 février, c’est tout le répertoire classique des clichés antisémites qui a été présenté au public du carnaval d’Alost : des « nazis » de l’« Unestapo », des Juifs présentés en insectes, avec des nez crochus, des boucles et des shtreimels, des longs orteils, en référence à une expression selon laquelle cette particularité serait signe de susceptibilité… Un certain nombre d’images en provenance d’Alost ressemblent à s’y méprendre aux images des carnavals qui se sont déroulés dans l’Allemagne nazie à partir de 1933.

Non aux images et slogans utilisés

Comme l’an dernier à pareille époque, DéFI dénonce les images et les slogans utilisés lors de cet événement et un contexte de plus en plus propice à la libération de la parole raciste et antisémite, notamment sur les réseaux sociaux, et ce tant à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche. L’Histoire nous montre malheureusement que de telles représentations ont précédé les catastrophes.

Il s’agit désormais de la part du carnaval d’Alost d’une récidive et d’une banalisation insupportables de l’antisémitisme, qui ne peut plus relever de la simple volonté de choquer mais d’un véritable acharnement. Si un Carnaval peut et doit, par principe, pouvoir offenser et déranger, il ne peut être accepté qu’il propage de l’incitation à la haine. Le franchissement de la limite est d’autant plus clair qu’il est assumé et organisé.

Si DéFI est attaché à la liberté d’expression, il fait également une priorité absolue de la lutte contre toutes les formes de discriminations, à commencer par la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Il existe un arsenal répressif contre l’incitation à la haine raciste et antisémite. Si de telles manifestations et provocations devaient ne pas tomber sous le coup de la loi, il serait urgent de l’aménager. De tels actes doivent être fermement réprimés.

Le temps de l’action est arrivé

Voici quelques semaines, alors que l’on commémorait le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz et que, dans le même temps, des déferlements de haine se produisaient sur les réseaux sociaux consécutivement à l’incendie d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile à Bilzen et au sauvetage de migrants en mer du Nord, la classe politique avait unanimement condamné ces comportements à la Chambre, et le gouvernement avait annoncé la Conférence interministérielle sur le racisme validée mercredi 19 février en Comité de concertation.

La Première ministre Sophie Wilmès avait alors déclaré : « Après le temps de l’indignation vient le temps de l’action.  Je me réjouis qu’en la matière, nous puissions désormais avoir une politique coordonnée et interfédérale pour garantir l’efficacité de nos actions. Les domaines dans lesquels nous pouvons agir sont nombreux et concernent toutes les entités du pays. »

Pour DéFI, dans un contexte politique que certains comparent à celui des années 30, cette conférence devra également travailler sur la réponse adéquate à donner à ce type de débordements et à la banalisation de ces propos. Le temps de l’action est effectivement arrivé. DéFI invite le gouvernement en affaires courantes à avancer de toute urgence, et espère qu’Unia réagira face à ces manifestations d’appel à la haine.

Thématiques populaires
Culture Droits humains Droits linguistiques Education Emploi Enseignement Enseignement supérieur Environnement Fédération Wallonie-Bruxelles Gouvernance Mobilité Pouvoirs locaux Santé Social Élections 2019
AUTRES ACTUALITÉS
Les maisons de repos, les infirmières à domicile, les femmes victimes de violence soutenues elles aussi
Région bruxelloise Les maisons de repos, les infirmières à domicile, les femmes victimes de violence soutenues elles aussi
Fabian Maingain : « il faudra une aide de la Région pour le financement des mesures économiques communales »
COVID-19 / Economie Fabian Maingain : « il faut une aide de la Région pour le financement des mesures économiques communales »
« Nous vivons des moments exceptionnels qui demandent des actes exceptionnels »
Chambre "Nous vivons des moments exceptionnels qui demandent des actes exceptionnels"
DéFI demande un dépistage immédiat et systématique des travailleurs ne pouvant recourir au télétravail
Coronavirus DéFI demande un dépistage immédiat et systématique des travailleurs ne pouvant recourir au télétravail