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Charleroi
Abstention de DéFI lors du vote d’un “budget peu innovant et très peu rassurant”
Jean-Noël Gillard Fiscalité
Le mercredi 22 décembre 2021

Ce lundi 20 décembre, la ville de Charleroi approuvait son budget 2022 dans la douleur. En effet, comme le souligne Sudpresse « Charleroi court droit vers la faillite ! ». Notre conseiller communal, Jean-Noël Gillard, nous explique les problèmes liés à ce dossier.

Il y a tout d’abord un problème de timing ?

« Oui, le temps imparti pour analyser le budget, de près de 500 millions d’euros, est de 10 jours. Or, dans un contexte où tous les conseillers communaux ne sont pas des professionnels de la politique et ni même des experts des finances publiques, beaucoup apprennent sur le tas et gagnent leur expérience. Pour les années prochaines, il ne me semble pas impossible de prévoir des délais plus longs pour permettre l’analyse des différents documents budgétaires. La situation difficile financièrement de la Ville de Charleroi mérite les échanges de tous les partis. »

La Ville de Charleroi n’est plus “maître de ses propres finances”

« Aujourd’hui, nous sommes amenés à interroger la réelle marge de manœuvre budgétaire de la Ville, quelle que soit la majorité en place. C’est chaque année, au gré des exercices budgétaires, que nous constatons la sans cesse plus forte dépendance de la Ville de Charleroi par rapport aux autres niveaux de pouvoir.

Soyons sérieux. À Charleroi, à l’occasion de cette mi-mandature, la marge de manœuvre pour imprimer une marque politique reste faible, voire inexistante.

Une autre composition de majorité aurait sans doute mené à d’autres choix d’investissement à l’extraordinaire ou augmenté le budget de fonctionnement d’un département par rapport à un autre. Finalement, la marge de manœuvre pour imprimer une vraie marque politique à ce budget se résume à peau de chagrin. »

Pour vous, il y a indéniablement un manque d’audace de la part de la Ville et un endettement qui se creuse d’année en année ?

« De nouvelles dépenses à venir, des recettes en baisse. Pour s’en sortir, il ne faudra pas seulement trouver un accord avec les autorités supérieures sur les pensions ou encore solliciter un nouvel emprunt. Il ne faudra pas seulement attendre un éventuel refinancement des Grandes Villes, qui se justifient. Des efforts Ville et mesures sont attendues. 

Nous avions compris que votre majorité entendait mener des politiques « durables », nous n’avions néanmoins pas perçu qu’elles comprenaient également la construction d’un modèle d’endettement durable et son impact inévitable sur les carolos et les générations futures. »

Quelles sont les pistes de solutions proposées par DéFI ?

« Chaque euro compte ! Chaque centime compte ! Nous devons systématiquement répondre à cette question, pour chacun des portefeuilles communaux : la politique menée repose-t-elle sur des besoins actualisés et quelle est efficacité au regard des montants engagés ? Sans crainte de réengager si ce n’est pas le cas. Cela permettrait d’arrêter ou de réorienter plus rapidement les montants face à des politiques menées sans efficacité ou trop onéreuses vis-à-vis des résultats.

Pour DéFI, il faut également éviter de prendre comme acquis les données du budget de l’année précédente avec des adaptations à la marge. Nous devons éviter le budget copié-collé. Cette manière de travailler aurait une utilité pour aplanir certaines dépenses. »

Autre constatation, les Carolos quittent la ville…

« En effet, on constate une diminution de l’IPP et cela interroge notamment sur le fléau de l’exode de la classe moyenne du territoire carolo vers la périphérie. Je parle régulièrement aux carolos et beaucoup d’entre eux songent sérieusement à quitter la ville, fuir l’insécurité, fuir la malpropreté, le bruit, l’absence d’espaces verts dans certains quartiers, la pression automobile… Garder la classe moyenne, la préserver, c’est aussi la solution aux difficultés budgétaires que nous rencontrons. Or, sur la question de l’insécurité, force est de constater que les moyens alloués à notre zone de police à la mise en œuvre des objectifs ou missions complémentaires (autres donc que les missions d’OP) sont dérisoires, voire inexistants. »

DéFI s’est donc abstenu lors du vote de ce budget…

« Oui, il y a, comme les précédents exercices budgétaires de cette mandature, des mesures qui vont clairement dans le bon sens. Je trouve néanmoins ce budget peu innovant et très peu rassurant. »

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